Maître Koichi Tohei

L'Aïkikaï a donné le grade de 10° Dan à Koichi Tohei en 1971.
Pourtant il fut exclu de l'Aïkikaï en 1974, voyons plus en détail le personnage.


(Koichi Tohei et Morihei Ueshiba)

 

Commençons par une de ses paroles:

"Oui, l'unification du corps et de l'esprit est le fondement de l'aïkido.
L'aïkido est fondamentalement une voie pour devenir un avec le ki.
Si vous considérez cela comme un moyen de devenir un avec le ki des autres,
alors vous vous méprenez sur la signification essentielle de l'aïkido et les techniques deviennent inefficaces.
Cela doit être une voie pour devenir un avec le ki de l'univers.
Pour devenir un avec le ki de l'univers, vous devez d'abord coordonner votre esprit et votre corps.
Si votre esprit et votre corps sont séparés, comment pouvez-vous être un avec l'univers ?
L'aïkido authentique doit être fondé sur l'unification du corps et de l'esprit".

 

 

Né en 1920, Koichi Tohei était un enfant à la santé précaire, cependant son père lui enseigna à 9 ans le Judo.
Cela lui permit d'améliorer sa santé et lui permit de poursuivre ses études à Utsunomia puis grâce à ses bons résultats il put aller à l'école de Keio à Tokyo.

Son niveau de judo était très bon, cependant un jour lors d'un entrainement, il fut gravement blessé lors d'une mauvaise chute qui entraina une pleurésie (Inflammation des plèvres viscérales et pariétales qui entourent les poumons).

Il fut contraint de rentrer chez ses parents, avec l'interdiction de pratiquer une activité sportive sous peine de mourir.
Pendant plus d'un an il resta cloué au lit ou assis sur une chaise, c'est alors qu'il se mit à lire des ouvrages sur l'éducaton métaphysique , la méditation et la religion.

Ses lectures et plus particulièrement celles de Confucius, Mencius et un livre de la Chine ancienne appellé "Saitokan" lui firent reprendre confiance en lui, le poussant à reprendre l'entrainement tout seul.
Mais un livre en parliculier, "Propos de mon maître" écrit par Tsuju Ogura, relatant l'histoire et la philosophie de Yamaoka Tesshu, frappa son esprit.

L'orsqu'il apprit qu'il existait encore un Dojo qui divulguait l'enseignement de Yamaoka Tesshu, il décida de s'y rendre.
Son état de santé ne lui permettait pas de pratiquer tout l'enseignement, qui se limitait pour lui dans un premier temps à la méditation (zazen).

La pratique de cette dernière fut bénéfique à sa santé, à tel point qu'il put participer aux pratiques de misogi qui était basé sur des exercices respiratoires.

Mais lors d'une de ces pratiques, il sentit une violente douleur dans la poitrine qu'il lia avec sa pleurésie, il continua l'entraînement malgré la mise en garde des risques pour sa vie.
Finalement sa persévérance lui permit petit à petit de récupérer totalement de sa maladie comme le prouva plus tard un examun clinique.

A l'école il fut surnommé "tenjo tenga yuiga dokuson" qui est un verset bouddhiste signifiant "je suis au centre de l'univers".

Sa condition physique lui permettait de pratiquer à nouveau le Judo, mais il fut lassé par ce budo.
L'un de ses instructeurs de Judo lui donna une lettre d'introduction pour pratiquer l'aikido avec Morihei Ueshiba.

A son Dojo il fut dans un premier temps déçu par la prestation de l'un des élèves de o sensei qui ne réussit pas à passer sa technique sur lui.
C'est alors que Morihei Ueshiba vint vers lui, lui demandant de l'attaquer, koichi Tohei l'attaqua et se retrouva au sol sans même comprendre pourquoi, car n'ayant pas senti de pression sur son corps qui aurait pu expliquer cela.

Par contre ce qu'il comprit, à la suite de cette démonstration édifiante, c'est que c'était cela qu'il voulait faire!

A partir de ce moment il ne loupa jamais un seul cours, quelques mois plus tard il faisait partie de ceux qui accompagnent le maître dans ses déplacements, il enseignait même en son nom !

En 1942 lors de la guerre contre la Chine Koichi Tohei fut rappelé "sous les drapeaux" , là-bas, il développa face au danger une certaine faculté.

Il raconte qu'un jour lors d'une attaque ennemie il eut peur ce qui lui fit honte et le surprit étant donné qu'il avait pratiqué le zazen et avait résolu de nombreux koan (enigme zen à résoudre).

Face à cette prise de conscience il se remit en zazen et pensa ceci "si l'univers a un esprit, il n'a pas pu me permettre de m'entraîner sans nécessité. J'ai entrepris cette entraînement parce que j'ai quelque chose à accomplir dans ma vie. Je ne l'ai pas encore fait, je ne vais pas mourir maintenant. Si je dois mourir, alors l'univers n'a pas d'esprit et je n'ai rien à faire dans un tel univers. Je serais content de le quitter. Je remets à l'univers la décision de ma mort ou de ma vie"

Après cela il n'eut plus peur, comprenant vaguement qu'en s'en remettant à l'univers l'on se détend et l'on s'emplit de ki et ainsi l'on peut faire face bravement à toutes les épreuves de la vie.

De plus il développa une méthode utilisant le hara à appliquer lors des missions dans les zones ennemies particulièrement stressantes, voici son récit à ce sujet :" Quand j'allais en zone ennemie, je me sentais gêné quand je plaçais la force dans le bas de l'abdomen, et je devenais très fatigué. En revanche, si j'avais oublié le bas de l'abdomen, j'aurais été paralysé par la peur. Le bas de l'abdomen, j'en pris conscience, est nécessaire mais ce n'est pas un endroit où placer sa force. Je décourvris finalement que vous devez concentrer votre esprit et non votre force(...) Après cela je me sentis à l'aise et détendu à quelque moment et quelque lieu où l'ennemi attaqua et je pouvais maîtriser la situation."

Après la guerre il reprit son entraînement avec Morihei Ueshiba à Iwama et optint le grade de 6° Dan.
Il trouva le style de Morihei Ueshiba changé dans le sens où il arrivait à réaliser des techniques doucement là où tous les autres devaient y mettre de la force.


(Morihei Ueshiba)

Ne trouvant pas de réponse auprès de Morihei Ueshiba, il se tourna vers un sage nommé Tempu Nakamura, formé aux techniques yoguiques en provenance de l'Himalaya, qui enseignait "l'unification de l'esprit et du corps" au temple Gokokuji à Tokyo.

Ce maître disait " l'esprit meut le corps", Koichi Tohei en déduit que Morihei Ueshiba domine l'esprit de son opposant, puis jette son corps de façon qu'il ne puisse résister.

De plus il comprit que jusque là, il n'avait réalisé les techniques d'aikido qu'avec la force, mais que s'il maîtrisait le ki de l'opposant il pourrait dominer n'importe quel adversaire plus fort que lui , et ce sans utiliser de force physique.

En 1960 Morihei Ueshiba lui donne le grade de 9° Dan et l'assigne à l'aïkikaï Hombu Dojo en tant que chef instructeur.

 

Constatant que les élèves dont il avait la charge, n'avaient aucune notion sur le ki et aucune prise de conscience sur la nécessité de lier le corps à l'esprit, il proposa à l'état major de l'aikido la mise en place de cours sur le ki.

Devant leur refus il partit enseigner aux USA, et créa la "Ki Sociéty" où il lui était interdit d'enseigner l'aikido par restriction du nouveau Doshu (Kishomaru Ueshiba, fils de O sensei, nouveau garant de l'aikido suite à la mort de ce dernier).
Morihei Ueshiba lui avait pourtant donné l'autorisation d'enseigner l'aïkido en dehors du Japon.

Cependant, l'état-major de l'aïkido commença à exercer des pressions et en 1974 un ordre fut envoyé à tous les instructeurs des USA ainsi qu'à leurs élèves, de ne plus acceuillir Koichi Tohei dans leur Dojo et d'enlever tous les portraits de Koichi Tohei.

Face à celà il alla voir le nouveau Doshu et finit par quitter l'état-major de l'aïkido, alors qu'il y avait passé 30 ans et se retrouva ainsi sans rien.

Koichi Tohei s'adapta à la situation et créa le "shin shin toitsu aïkido" ou aïkido selon les principes de l'unification du corps et de l'esprit.
Certains gradés de l'aïkikaï le rejoignèrent, ainsi plus de 50 Dojo "shin shin toitsu aïkido" virent le jour au Japon et plus de 80 à l'étranger.

 

(Sources : Aïkido & Aïkibudo N° 12)


Voici d'autres photos de Koichi Tohei :

 


(Koichi Tohei plus agé, sur kokyu nage)

 

 


(Impossibilité de faire bouger Koichi Tohei, grâce à sa maîtrise du ki)

 


(Impossibilité de faire descendre le bras de Koichi Tohei)

 


(Démonstration de la supériorité du ki face à la force physique, sur un sankyo)

 


((Impossibilité de soulever un enfant, aidé par la maîtrise du ki de Koishi Tohei)

 

 

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