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Commençons
par une de ses paroles:
"Oui, l'unification
du corps et de l'esprit est le fondement de l'aïkido.
L'aïkido est fondamentalement une voie pour devenir un avec le ki.
Si vous considérez cela comme un moyen de devenir un avec le ki
des autres,
alors vous vous méprenez sur la signification essentielle de l'aïkido
et les techniques deviennent inefficaces.
Cela doit être une voie pour devenir un avec le ki de l'univers.
Pour devenir un avec le ki de l'univers, vous devez d'abord coordonner
votre esprit et votre corps.
Si votre esprit et votre corps sont séparés, comment pouvez-vous
être un avec l'univers ?
L'aïkido authentique doit être fondé sur l'unification
du corps et de l'esprit".

Né en 1920, Koichi
Tohei était un enfant à la santé précaire,
cependant son père lui enseigna à 9 ans le Judo.
Cela lui permit d'améliorer sa santé et lui permit de poursuivre
ses études à Utsunomia puis grâce à ses bons
résultats il put aller à l'école de Keio à
Tokyo.
Son niveau de judo était très bon, cependant un jour lors
d'un entrainement, il fut gravement blessé lors d'une mauvaise
chute qui entraina une pleurésie (Inflammation des plèvres viscérales
et pariétales qui entourent les poumons).
Il fut contraint de rentrer chez ses parents, avec l'interdiction de pratiquer
une activité sportive sous peine de mourir.
Pendant plus d'un an il resta cloué au lit ou assis sur une chaise,
c'est alors qu'il se mit à lire des ouvrages sur l'éducaton
métaphysique , la méditation et la religion.
Ses lectures et plus particulièrement celles de Confucius, Mencius
et un livre de la Chine ancienne appellé "Saitokan" lui
firent reprendre confiance en lui, le poussant à reprendre l'entrainement
tout seul.
Mais un livre en parliculier, "Propos de mon maître" écrit
par Tsuju Ogura, relatant l'histoire et la philosophie de Yamaoka Tesshu,
frappa son esprit.
L'orsqu'il apprit qu'il existait encore un Dojo qui divulguait l'enseignement
de Yamaoka Tesshu, il décida de s'y rendre.
Son état de santé ne lui permettait pas de pratiquer tout
l'enseignement, qui se limitait pour lui dans un premier temps à
la méditation (zazen).
La pratique de cette dernière
fut bénéfique à sa santé, à tel point
qu'il put participer aux pratiques de misogi qui était basé
sur des exercices respiratoires.
Mais lors d'une de ces pratiques, il sentit une violente douleur dans
la poitrine qu'il lia avec sa pleurésie, il continua l'entraînement
malgré la mise en garde des risques pour sa vie.
Finalement sa persévérance lui permit petit à petit
de récupérer totalement de sa maladie comme le prouva plus
tard un examun clinique.
A l'école il fut surnommé "tenjo tenga yuiga dokuson"
qui est un verset bouddhiste signifiant "je suis au centre de l'univers".
Sa condition physique lui permettait de pratiquer à nouveau le
Judo, mais il fut lassé par ce budo.
L'un de ses instructeurs de Judo lui donna une lettre d'introduction pour
pratiquer l'aikido avec Morihei Ueshiba.
A son Dojo il fut dans un premier temps déçu par la prestation
de l'un des élèves de o sensei qui ne réussit pas
à passer sa technique sur lui.
C'est alors que Morihei Ueshiba vint vers lui, lui demandant de l'attaquer,
koichi Tohei l'attaqua et se retrouva au sol sans même comprendre
pourquoi, car n'ayant pas senti de pression sur son corps qui aurait pu
expliquer cela.
Par contre ce qu'il comprit, à la suite de cette démonstration
édifiante, c'est que c'était cela qu'il voulait faire!

A partir de ce moment il
ne loupa jamais un seul cours, quelques mois plus tard il faisait partie
de ceux qui accompagnent le maître dans ses déplacements,
il enseignait même en son nom !

En 1942 lors de la guerre
contre la Chine Koichi Tohei fut rappelé "sous les drapeaux"
, là-bas, il développa face au danger une certaine faculté.
Il raconte qu'un jour lors
d'une attaque ennemie il eut peur ce qui lui fit honte et le surprit étant
donné qu'il avait pratiqué le zazen et avait résolu
de nombreux koan (enigme zen à résoudre).
Face à cette prise
de conscience il se remit en zazen et pensa ceci "si
l'univers a un esprit, il n'a pas pu me permettre de m'entraîner
sans nécessité. J'ai entrepris cette entraînement
parce que j'ai quelque chose à accomplir dans ma vie. Je ne l'ai
pas encore fait, je ne vais pas mourir maintenant. Si je dois mourir,
alors l'univers n'a pas d'esprit et je n'ai rien à faire dans un
tel univers. Je serais content de le quitter. Je remets à l'univers
la décision de ma mort ou de ma vie"
Après cela il n'eut
plus peur, comprenant vaguement qu'en s'en remettant à l'univers
l'on se détend et l'on s'emplit de ki et ainsi l'on peut faire
face bravement à toutes les épreuves de la vie.
De plus il développa
une méthode utilisant le hara à appliquer lors des missions
dans les zones ennemies particulièrement stressantes, voici son
récit à ce sujet :" Quand j'allais
en zone ennemie, je me sentais gêné quand je plaçais
la force dans le bas de l'abdomen, et je devenais très fatigué.
En revanche, si j'avais oublié le bas de l'abdomen, j'aurais été
paralysé par la peur. Le bas de l'abdomen, j'en pris conscience,
est nécessaire mais ce n'est pas un endroit où placer sa
force. Je décourvris finalement que vous devez concentrer votre
esprit et non votre force(...) Après cela je me sentis à
l'aise et détendu à quelque moment et quelque lieu où
l'ennemi attaqua et je pouvais maîtriser la situation."
Après la guerre
il reprit son entraînement avec Morihei Ueshiba à Iwama et
optint le grade de 6° Dan.
Il trouva le style de Morihei Ueshiba changé dans le sens où
il arrivait à réaliser des techniques doucement là
où tous les autres devaient y mettre de la force.

(Morihei Ueshiba)
Ne trouvant pas de réponse
auprès de Morihei Ueshiba, il se tourna vers un sage nommé
Tempu Nakamura, formé aux techniques yoguiques en provenance de
l'Himalaya, qui enseignait "l'unification de l'esprit et du corps"
au temple Gokokuji à Tokyo.
Ce maître disait " l'esprit meut le corps", Koichi Tohei
en déduit que Morihei Ueshiba domine l'esprit de son opposant,
puis jette son corps de façon qu'il ne puisse résister.
De plus il comprit que jusque là, il n'avait réalisé
les techniques d'aikido qu'avec la force, mais que s'il maîtrisait
le ki de l'opposant il pourrait dominer n'importe quel adversaire plus
fort que lui , et ce sans utiliser de force physique.

En 1960 Morihei Ueshiba
lui donne le grade de 9° Dan et l'assigne à l'aïkikaï
Hombu Dojo en tant que chef instructeur.

Constatant que les élèves
dont il avait la charge, n'avaient aucune notion sur le ki et aucune prise
de conscience sur la nécessité de lier le corps à
l'esprit, il proposa à l'état major de l'aikido la mise
en place de cours sur le ki.
Devant leur refus il partit enseigner aux USA, et créa la "Ki
Sociéty" où il lui était interdit d'enseigner
l'aikido par restriction du nouveau Doshu (Kishomaru Ueshiba, fils de
O sensei, nouveau garant de l'aikido suite à la mort de ce dernier).
Morihei Ueshiba lui avait pourtant donné l'autorisation d'enseigner
l'aïkido en dehors du Japon.

Cependant, l'état-major
de l'aïkido commença à exercer des pressions et en
1974 un ordre fut envoyé à tous les instructeurs des USA
ainsi qu'à leurs élèves, de ne plus acceuillir Koichi
Tohei dans leur Dojo et d'enlever tous les portraits de Koichi Tohei.
Face à celà
il alla voir le nouveau Doshu et finit par quitter l'état-major
de l'aïkido, alors qu'il y avait passé 30 ans et se retrouva
ainsi sans rien.
Koichi Tohei s'adapta à
la situation et créa le "shin shin toitsu aïkido"
ou aïkido selon les principes de l'unification du corps et de l'esprit.
Certains gradés de l'aïkikaï le rejoignèrent,
ainsi plus de 50 Dojo "shin shin toitsu aïkido" virent
le jour au Japon et plus de 80 à l'étranger.
(Sources : Aïkido &
Aïkibudo N° 12)
Voici d'autres photos de
Koichi Tohei :

(Koichi Tohei plus agé, sur kokyu
nage)
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